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Sunday
Feb162014

Ma rubrique radio #7 

Coups de gueule ecologiques

(http://www.4eb.org.au/ondemand selectionner French)

Aujourd’hui, je suis triste, triste de voir que certaines des problematiques environnementales en Australie n’arrivent pas a faire le poids devant les pressions economiques. Lorsque l’on ne connait pas l’Australie et que l’on evoque ce pays, on pense a ses grands espaces sauvages, sa barriere de corail, ses plages, ses forets millenaires. Bref on a en tete ce cote sauvage d’un pays peu habite ou il y a encore plein d’espaces a explorer. Neanmoins, aujourd’hui, il semblerait que meme ces emblemes soient menaces.

Je vous ai deja parle de la grande barriere qui avec sa diversite impressionnante et son enorme surface constitue le plus vaste ensemble corallien du monde. La grande barriere de corail a fait ces derniers temps les grands titres des journaux du monde entier. Effectivement, le directoire du parc marin de la Grande Barriere de Corail a approuve fin janvier le deversement dans les eaux du parc des dechets de dragage. Ces dechets sedimentaires proviendront des travaux d’agrandissement du port d’exportation de charbon a Abbot Point. Les responsables essaient de minimiser cette information en indiquant que cette extension s’accompagnait de 95 mesures de protection tres strictes et qu’ainsi on evitait egalement la construction de plusieurs nouveaux ensembles portuaires. Par exemple, le ministre de l’environnement Greg Hunt a indique qu’il etait “important d’assurer un development durable et le maintien de la santé de la barriere de corail” et qu’ainsi seulement 3 millions de m3 seront deverses contre 38 millions reclames a l’origine par l’industriel en charge du projet. Imaginer l’etat de santé des coraux une fois qu’ils auront pris 3 millions de m3 de sediments sur la tete et que la turbidite et la visibilite pour ne citer qu’elles auront chamboule du tout au tout les conditions environnementales du recif dont la survie depend de la lumiere. En contre partie, il devrait y avoir egalement 89 millions d $ qui devront etre consacres a la protection des recifs. Cela n’empeche pas l’UNESCO de tirer la sonnette d’alarme et de placer la Grande Barriere au nombre des sites en danger en 2014 si aucune mesure n’etait prise pour limiter le developpement de l’industrie sur le littoral.

Un peu plus au Sud, le long du littoral du New South Wales, le gouvernement a lui autorise la reprise de la peche de loisir (du bord) au niveau des reserves marines. Seulement 80 km sur les plus de 2000 que compte le littoral du NSW sont qualifies d’aires marines protégées et deja plus de 80% des parcs marins sont ouverts a la peche. Neanmoins, la peche de loisir represente environ 30% des prises soit 5700 tones de poisons/an.

Il y a aussi de nombreuses evidences scientifiques qui prouvent que ces zones protegees sont des ecosystemes qui se developpent et proliferent bien mieux. Il y a ainsi plusieurs interets a creer de telles zones protegees:

-un interet ecologique (on protege et on restaure),

- un interet touristique, culturel ou pedagogique,

- et bien sur un interet faunistique. En general le nombre d’espece – par ex de poissons – est superieur aux zones non protegees. La taille des individus est aussi bien plus grande que la normale et ces especes ont une capacite bien superieure a se reproduire.

On peut facilement imaginer l’impact de la reprise de la peche dans de telles zones qui perdraient toute logique d’exister.

Allons maintenant le long de la cote Ouest de l’Australie. La, le gouvernement a declare la guerre aux grands requins. Apres 7 attaques mortelles en 3 ans, il a donc ete decide d’appater les grands requins, c’est-a-dire les requins de plus de 3m, qui se risquent a nager a moins de 1km des cotes. Une fois pris a l’hamecon, des pecheurs munis d’armes tuent le requin.

Le grand requin blanc est la principale espece de requin visee par cette mesure. Il faut tout de meme savoir que cette espece est une espece protegee mondialement car menacee d’extinction. D’autres solutions ont ete proposees telles qu’installer des filets protecteurs le long des zones de baignade, poursuivre l’application sur les requins de balise (sur requin blanc, baleine et tigre) qui indique alors precisement lorsqu’un requin arrive ou encore comme en Afrique du Sud on peut mettre en place un systeme de surveillance des zones baignables ou surfables. Tuer les requins est une methode radicale qui a deja ete mise en place dans d’autres etats, comme par exemple au Queensland depuis 1962 ou 300 hamecons seraient en place mais un seul requin aurait ete tue.

On peut donc fortement critiquer la reussite de cette methode qui par contre amene d’autres questionnements. Appater des requins si proches des zones de baignade pourrait par exemple encourager les requins a venir chercher de la nourriture dans ces zones, provoquant donc l’effet inverse de celui espere.    Encore une solution radicale qui semble peu convaincante.

Ce ne sont pas que les milieux marins qui sont touches en Australie. Mon dernier coup de gueule ecologique du jour concerne cette fois-ci la foret et plus precisement la foret de Tasmanie. Cette foret est l’une des dernieres foret temperee humide de la planete. Les autorites de Tasmanie ont demande que l’on retire de la zone foretiere appartenent au Patrimoine Mondiale de l’Humanite 74 000 hectares afin de pouvoir les exploiter (essentiellement pour l’industrie du papier). Cela veut dire deboiser des zones a grande diversite floristique et faunistique. Ces forets sont notamment peuplees d’eucalyptus geants de plus de 90m et qui ont plus de 400 ans. Une fois ces zones deboisees, elles sont brulees et totalement degagees permettant ensuite la plantation d’especes a croissance rapide et donc offrant un meilleur rendement. D’apres le gouvernement il n’y aurait aucune justification pour garder ces 74 000 hectares sur la liste des zones protégées de l’UNESCO. La decision finale n’est pas encore prise et l’UNESCO doit donner son avis en juin.

Voici donc juste 4 exemples locaux. Pris un a un ils semblent presque communs : on sait que l’on deboise trop, que l’on peche trop, que l’on tue les especs protégées sans regret et que l’on deverse dans la mer des tonnes de salete. Des exemples comme ceux la, il en existent partout et c’est leur accumulation qui m’attriste. On les qualifie presque de phenomenes normaux. Ils reveillent en moi un certain civisme ecologique car justement ce n’est pas normal – meme avec les meilleurs pretextes economiques – de detruire notre planete.

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